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La guerre, moteur de l'évolution de la civilisation

par Dric

Ouvrage présenté pour le passage du Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées En Recherches et Techniques (DESSERT) en diplomatie.

Partie I : le paradoxe du pacifiste.

    Les pacifistes ne le sont en fait pas. Le pacifiste pur se fout éperdûement de la guerre. En fait, il se fout de tout. Il vit n'importe où dans la crasse. Il est inculte, mais il bénéficie de ce qu'on appelle la sagesse des idiots : de par sa misérable existence inconsistente, il a vu et retenu des situations et par comparaison, il peut alors les transformer en règles de vie. Inutile de dire que ce bouseux-là ne sera jamais rien de plus qu'un mendiant parasite qui finira bouffé par les animaux sauvages. 

    Tout individu un tant soi peu social se doit d'être belliqueux. Par réflexe d'abord, puisque les lutins comme les races alentour ne sont en réalité pas faites pour vivre si près les unes des autres. Mais l'attrait des interactions sociales, les facilités de conditions de vie et la possibilité d'un contrôle sur autrui est un puissant moteur qui rassemble les populations. Plus une population sera nombreuse, plus la concentration de pouvoir sera importante, et plus les gens qui voudront s'accaparer ce pouvoir seront attirés. Puisqu'il n'y a de place que pour peu de monde, il est inévitable que des conflits éclatent. Et pour surmonter ses adversaires, le lutin avisé et ambitieux n'aura de cesse que de combiner, d'anticiper, de réfléchir et de ruser pour acquérir ce pouvoir qui ne s'apprécie vraiment que lorsqu'il n'est pas partagé. 

    Pour que les pacifistes soient entendus, ils se regroupent donc en association, afin d'avoir plus de poids et de pouvoir sur les autorités. Et c'est là leur perte. Inévitablement, des lutins dans le groupe vont penser que leur meneur n'a pas de bonnes idées, qu'il est plus lent qu'eux, qu'il ne prend pas les bonnes décisions. Les luttes de pouvoir et d'influence dans les sociétés pacifistes sont d'une sournoiserie sans pareille : puisque l'affrontement ouvert est prohibé par l'idéologie pacifiste, il faut alors évincer l'adversaire par des moyens détournés. Les plus connus sont les calomnies diffamatoires. On trouve également des emphases offusquées : il est très pratique de passer pour une victime dans le but de mieux enfoncer son adversaire.

    Pour résumer cette première partie, je dirais que le pacifiste ne fait que mener un combat contre les combats. Ce qui est ridicule et paradoxal ( Petit jeu : avec les subtils changements effectués sur cette dernière phrase, retrouvez le titre original de cette partie ).

Partie II : Races et conflits : l'évolution des différents peuples.

    Prenons un Toumph. Il est grand, fort et globalement stupide. Prenons maintenant un nain, qui est grand, fort et... Bref, ces deux races sont toutes deux plus puissantes physiquement que les lutins. Mais la grande différence entre les Toumphs et les Nains est que les Nains ont été en conflit permanent avec leurs agressifs voisins lutins pendant des siècles. Celà les a amené à toujours rester sur leurs gardes, à inventer des techniques leur permettant de surpasser les lutins. Les Toumphs, eux, sont restés dans leur îlot paisiblement pendant ce temps. Et le résultat est là : les Toumphs vivent encore en semi-nomadisme, ils sont primitifs et n'ont même pas découvert la roue. Les nains ont connu un développement technologique semblable aux lutins, ils sont instruits, bien équipés et ont de vagues notions de philosophie. Ils sont même passés maîtres dans l'art des mathématiques, ces bougres. 

    Non pas que je jettes des fleurs aux Nains. S'ils en sont là, c'est grâce aux lutins. Ces mêmes lutins qui ont bien sûr bénéficié de l'émulation des nains, mais il est certain qu'ils auraient de toute façon trouvé un autre ennemi, quitte à s'entre-déchirer.

    Et les gnomes me direz-vous ? Eux aussi sont belliqueux de nature, mais beaucoup plus que les lutins. Leur taux d'agressivité est tel qu'ils n'ont jamais eu le temps de recourir à la technologie. Quand votre voisin vous mord la jambe, vous n'avez pas le temps de découvrir le lance-pierre, vous devez répliquer tout de suite. De sorte qu'au fil des siècles, les gnomes n'ont dû compter que sur leur corps et leur ruse pour triompher de leurs congénères. Ils ont donc développé l'art de la sournoiserie. Leur corps est devenu une arme remarquable, au détriment de leur sociabilité et de leur technologie. Certains gnomes sont obsédés par cette quête de l'art du combat à tel point qu'ils chercheront l'affrontement à tout prix, y compris s'ils ne peuvent pas avoir le dessus. C'est pourquoi peu de Gnomes peuvent se vanter de posséder un quelconque pouvoir : même si le chef est plus fort, il y aura toujours dans une gnomite une tête brulée pour remettre en question le semblant d'ordre établi. De ce fait, les Gnomes meurent jeunes et dans la misère.

    Pour les Korrigans, leur légendaire sens de l'ordre les a conduit à hiérarchiser au possible leur société. Ils ont donc un sens social et patriotique nettement plus développé que les autres races. En revanche, et ce sera abordé dans la troisième partie, il leur manque la graine de chaos nécessaire à toute créativité, et c'est pourquoi ils se sont pris une branlée par l'armée lutine, composée de joyeux braillards pas toujours très disciplinés.

    Les fées, comme je l'ai déjà dit, vivent en anarchie. Elles auraient probablement déjà disparues si le contact avec les korrigans ne les avait pas forcé à se remettre en question pour défendre leur territoire et leur vie. Elles ont dû recourir à la stratégie et donc nommer des responsables. Leur société se hiérarchise donc petit à petit.

    En conclusion, l'agressivité est un facteur important de l'évolution technologique et sociale d'un peuple. Cependant un trop plein d'agressivité peut nuire à ce développement, comme on le constate chez ces pourritures de Gnomes.

Partie III : (sans titre)

    Nous avons tous vu que l'obsession de l'ordre des korrigans leur a été fatale. Les lutins plus désorganisés ont cependant remporté la victoire haut la main. 

    Les lutins, habitués aux conflits car querelleurs, ont depuis longtemps intégré qu'un peu de bordel permet une ouverture d'esprit. Celle-ci est essentielle pour imaginer stratagèmes et ruses. Un korrigan sera totalement incapable de se mettre dans la peau d'un lutin, alors que l'inverse est parfaitement possible. Les conflits dans la société korrigane sont réglés par un processus bien établi : si deux korrigans sont en désaccord, ils doivent aller voir leur supérieur, argumenter leur position, et finalement un collège de korrigans pris au hasard vont débattre pour nommer un vainqueur. Tout se passe comme lors d'un procès. Chez les lutins, on ne s'embarrasse pas de tels protocoles. Tous les coups sont permis, et celà engendre une obligation d'être le plus fort vis-à-vis de son opposant. Peu importe le moyen employé, le but est de mettre à bas l'adversaire. C'est cette liberté d'action qui a permis aux lutins de prendre une avancée technologique remarquable par rapport aux autres races.

    Pour tous les détracteurs de cette thèse, je signalerais que notre culture et notre art sont bien plus développés que chez les races pacifistes. Car l'imagination exacerbée des lutins batailleurs peut s'exprimer dans beaucoup d'autres domaines. Chansons, peintures, statues, Graineball, nous devons tout celà à notre esprit combatif. 

    Concernant le graineball, je vois mal comment pourrait se dérouler ce sport sans un minimum d'agressivité. Le sport n'est que la matérialisation de notre besoin de se confronter à autrui. La liberté de jeu du graineball est d'ailleurs significative du comportement lutin, les korrigans auraient probablement cloisonnés le jeu de telle façon qu'il aurait été impossible d'entrer en contact ou de créer une stratégie. Ca en aurait été superbement barbant.

    Pour résumer un peu, on retiendra que conflit et chaos sont les pièces maitresses de l'évolution des sociétés ainsi que des individus qui les composent. Les avancées technologiques et artistiques ne sont possibles qu'à partir du moment où il y a conflit. Un environnement conflictuel est nécéssaire à l'épanouissement individuel et collectif, on ne le répètera jamais assez. Il faut cependant reconnaître qu'un environnement trop dangereux, comme chez les gnomes, est un frein à cette évolution. Les lutins sont parfaitement équilibrés sur ce plan, et c'est pourquoi on peut dire qu'ils dominent aujourd'hui les races voisines.

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