- I -
I– 1. Les souvenirs des anciennes légendes ont longtemps
stimulé mon esprit à écrire les
événements périlleux et bien peu favorables
à la prospérité qu’a dû subir la noble
famille des Papageni, de nombreuses années durant et
particulièrement à l’époque dont nous venons
de sortir.
I – 2. Mais moi me donnant à moi-même l’excuse
de ma propre insuffisance, et croyant que d’autres
écrivaient, pendant de nombreuses années, je me suis
abstenu d’écrire.
I – 3. Les dangers et les tournures prises par les
événements s’étant multipliés, je me
suis décidé à écrire pour faire œuvre
utile à ceux qui seront nos héritiers en des temps plus
prospères sous les bienfaits du bon Pitijibe qui en tout temps
règne et gouverne.
- II -
II– 1. Les Humains, en leurs légendes, disent qu’un
certain Papageno, oiseleur de la princesse Pamina, fille de la reine de
la nuit, vit un jour au bord d’un chemin traversant une
forêt tropicale et profonde un jeune homme allongé et
près de lui un serpent de douze pieds terrassé. Lorsque
le jeune homme repris ses esprits, il demanda à Papageno ce qui
s’était passé et s’il lui devait la vie
pour avoir tué le serpent de douze pieds qui le poursuivait.
Papageno dans sa légèreté dit que oui. Il ignorait
alors que ce mensonge le conduirait bien loin de sa paisible occupation
d’oiseleur au Royaume de la Nuit.
II – 2. En effet, entendant le mensonge de Papageno, les trois
sorcières, qui avaient sauvé le jeune homme qui se
révélait être le prince Tamino, vinrent à la
rencontre des deux hommes et dévoilèrent toute la
vérité. Tamino demanda comment il pouvait les remercier.
Elles lui répondirent qu’elles servaient aussi la Reine de
la nuit, dont la fille avait été enlevée et
qu’il ne serait pas ingrat après cela de partir à
la recherche pour la délivrer… Pour punition, Papageno
dû accompagner le prince. Il fut alors envoyer comme
éclaireur, devant se rendre dans le royaume de Sarastro et
ouvrir la route à Tamino.
II – 3. Au détour d’un passage, il tomba sur la
cachette dans laquelle la princesse Pamina était enfermée
et la libéra de son geôlier par un hasard incertain. Il
fallait encore retrouver Tamino et sortir du Royaume… La chose
n’était pas aisée.
II – 4. Papageno et Pamina s’égarèrent
rapidement avant d’être rattrapé par les soldats de
Sarastro qui les fit paraître devant lui. Tamino aussi avait
été capturé et leurs vies ne dépendaient
plus que de la clémence royale.
II – 5. Durant leur captivité commune, Tamino et Pamina
tombèrent éperdument amoureux et le pauvre Papageno se
morfondait dans sa solitude, car il n’avait pas de Papagena et ne
savait pas à quelle sauce il allait être mangé. Le
moment vint enfin d’être présenté au roi et
Grand Prêtre Sarastro et celui-ci, devant
l’étonnement général, demanda pardon de
s’être joué d’eux.
II – 6. Sarastro avait vu dans Tamino un cœur pur et avait
enlevé Pamina pour qu’il en tombe amoureux et vienne la
délivrer, mais non pas tant de lui que de sa tyrannique
mère, la reine de la nuit. En effet, Sarastro était sage
et vertueux, et il gagna le cœur du prince et de la princesse.
Les prêtres du royaume doutèrent cependant de la
pureté de Tamino, car une fois entré dans le royaume et y
avoir découvert ses secrets, il ne pouvait en sortir que mort.
Pour y résider et y épouser Pamina, il dut faire face
à une série épreuves.
II – 7. Papageno qui n’était pas courageux, mais ne
voulait pas mourir, du lui aussi subir les épreuves pour rester
en vie. En échange, s’il parvenait à les franchir,
Sarastro lui promit sa Papagena.
II – 8. Personne ne jacasse tant qu’un oiseleur, or
Sarastro eut la méchante idée de mettre Papageno au
supplice en lui interdisant d’adresser la parole aux femmes
jusqu’à ce qu’il lui en donne l’ordre.
II – 9. Papageno attrapait les oiseaux comme il voulait le faire
des femmes. Il ne pouvait s’empêcher de les pourchasser, si
bien que lorsqu’il vit Papagena, il ne résista pas
à lui courir après. Il en fut puni.
II – 8. Au désespoir, Papageno croisa sur son chemin une
vieillarde. Il lui demanda son âge et elle lui répondit
qu’elle avait 18 ans et 2 minutes. Papageno ne voulut pas la
croire et se moqua d’elle. Il lui demanda si elle avait un
amoureux. Elle lui dit que oui. Il reprit en s’enquérant
de son âge. Elle rétorqua qu’il était plus
âgé qu’elle de dix ans. Avant de la quitter, il
voulu savoir son nom. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle
lui dit qu’elle se prénommait « PAPAGENA ».
II – 9. Papageno était donc l’amoureux de la
vieillarde, qui disait toujours être une jolie jeune fille de 18
ans et 2 minutes. Elle lui dit qu’il ne devait pas croire ses
yeux, que ce qu’elle disait était vrai, et que s’il
l’épousait, il en serait convaincu.Papageno hésita
à épouser cette vieillarde, mais fut tellement au
désespoir qu’il accepta sa main se jurant de la quitter
dès lors qu’il aurait trouvé mieux.
II – 10. Le croyant sincère, la vieillarde se transforma
en une délicieuse jeune fille de 18 ans et 2 minutes.
II – 11. Un grand amour naissait d’une filoutrie. Ils se
promirent d’avoir plein de Papageno et de Papagena. Ainsi
s’achève la légende des humains.
- III -
III– 1. Pendant des siècles, les descendants de Papageno
vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfant dans le
royaume de Sarastro, à chacun des fils étant promis un
Papagena et à chacune des filles un Papageno.
III – 2. Cependant, l’immortelle reine de la nuit ruminait
sa vengeance et préparait une armée telle qu’elle
pourrait envahir le royaume de Sarastro et assouvir son désir
destructeur.
III – 3. La reine avait réussi à corrompre les
prêtres de Sarastro qui ouvrirent à son armée les
portes du royaume. Tamino des Tamini pris la tête des troupes
restées fidèles au Grand roi mais lui et ses hommes
avaient renoncé à la vie au combat.
III – 4. La diabolique reine de la nuit se promit de tout
détruire de la brillante civilisation de Sarastro,
d’asservir son peuple et de tuer tous ceux qui tentaient de
s’échapper pour ne pas que la culture survive ailleurs.
III – 5. Sarastro échappant à un complot avait
quitté le palais royal pour se réfugier dans les
montagnes du royaume où il fut bientôt affaibli par la fin
et le froid.
III – 6. Moi, Papageno des Papageni était le dernier des
descendants du premier des Papageni. Étant parti depuis
plusieurs semaines dans les montagnes du royaume pour étudier
des oiseaux rares et encore inconnus pour en donner description au roi,
je n’avais pas été informé de
l’invasion et voguais à mon occupation lorsque je trouvais
à l’entrée d’une grotte un vieil homme
affaiblit dont il me semblait vaguement reconnaître la silhouette.
III – 7. Cet homme était le bon roi Sarastro, au bord de
l’agonie. Il me fit signe d’approcher et me raconta comme
les troupes avaient massacré les membres de la garde royale,
comme les prêtres avaient été corrompu par
l’or noir de la reine de la nuit et comment il réussit
à s’enfuir par un passage secret que lui seul connaissait.
Il me dit que tout était menacé et qu’après
lui il ne resterait rien. Il me dit enfin qu’il y avait
peut-être un dernier espoir.
III – 8. Je m’empressais de savoir lequel. Le bon et grand
roi me répondit qu’il ne lui restait plus beaucoup de
temps à vivre et qu’il n’avait plus la force de
s’échapper. Cependant dans, il me dit aussi qu’il
lui restait suffisamment de force pour faire de moi un être si
petit que je pourrais m’échapper du royaume sans me faire
voir passer la frontière sans qu’aucun des gardes
diaboliques le soupçonne et porter loin dans un royaume
étranger le souvenir de cette grande culture. Si j’y
parvenais, à l’image de mon glorieux ancêtre, je
trouverais aussi ma Papagena.
III – 9. J’acceptais donc de préférer
l’exil à la soumission diabolique de laquelle le premier
des Papageni avait été libéré. Le grand
Sarastro me fit donc lutin et je partis pour le royaume où je
vis aujourd’hui.
III – 10. La traversée fut longue et périlleuse
comme il se doit. Il y eut un naufrage et je fus recueillis par des
Lutins de la plus petite des îles de l’archipel
d’Eisos.
III – 11. Ayant repris mes esprits, ils me conduisirent à
Port Lutin en Gnomie Lutine, où je pris un bateaux en coque de
noix pour Trois-Sillons, puis, de cette ville, je gagnais la route de
grain de café, pour gagner mon asile au cœur de la
Côte Houleuse où je rédige aujourd’hui mon
histoire et celle de mes ancêtres.
Papageno de Papageni